Ce qui suit importe peu

Vies minutes...

Jours acides

... Retour à la case départ, sept heures, rues froides, j'hésite les marches du métro, je passe, j'apercois Julian et Gavriel en grande discussion, ils n'attendent rien et personne ne les retient, ils ne semblent pas sortis de leur nuit paumée, une de plus, quelques heures de moins à vivre pour le mieux...

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Date de création : 04.10.2011
Dernière mise à jour : 27.08.2024
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Extrait

Tic, tac faisait l'homme, à la chemise rouge, allongé sous un ciel d'étoiles alors que la pluie tombe, la nuit dans le fond d'un parc, trop à la marge pour être compris.

Tic, tac, les aiguilles lentes de sa nuit.

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Extrait

Il ne pleut que la nuit et toujours des gouttes de toutes les couleurs parfois dansées par le vent, les étoiles sont muettes depuis longtemps, seuls des rayons bleus transpercent une uniforme couche de nuage noirs.

Blanc et noir

... Eau suspendue, les immeubles ondoient dans cet air immobile, incertain, trouble, ils inventent une...

les rêves mentent

... Ce qui suit importe peu. Vies stériles. Quelle heure est-il, j'ai perdu le temps...

 

yyy
Extrait deux

Je ne vois plus le jour, il ne se souvient pas de moi et passe maintenant trop vite pour que je puisse attraper un peu de sa lumière et aller les trottoirs dans un sens commun.

Extrait

La nuit est complète maintenant bien installée dans les moindres recoins avec ses bruits si particuliers, son rythme différent et ses fantômes qui hantent les ruelles abandonnées et obscures de la ville, la cime des arbres du parc crèvent les nuages descendus trop bas et libère une pluie...

Photos
Extrait

La ville revient fardée de ses faux semblants, avec ses conventions inscrites dans les gênes des gens, des vies jouées en pantomimes par quelques seigneurs invisibles, tourne le monde et un liquide incolore, inodore comme de l'eau érode et tait ce qui dépasse trop souvent.

Des mots pour les vivants

... Ce qui suit n'a aucune importance.

Vies bougies

Jours terribles à vivre, foids comme elle la mort

Mirage
Extrait trois

Evanouie comme elle est apparue, avec quelques notes de musique emportée par la pluie, reste juste des cheveux blonds retenus par un crayon et une empreinte bleue sur les bordures des trottoirs titubés.

Vide

je n'ai pas rencontré quelqu'un, je n'ai parlé à personne demain, j'ai oublié comment joué dans ce monde

Le 28 mai

Ne t'invente pas un regard ma Juliet : il serait pareil aux autres, vide d'âme

Extrait

... Trop tôt por le métro ou un bus,pas de téléphone, pas un taxi en vue, les trottoirs de l'avenue direction la ville, j'avise une fourgonnette trainante...

Expiration

... Sans Juliet, sans prétexte, sans alibi, sans regard, sans délit, sans torture, sans mort, cent vies, sans défaut apparents, cent erreurs, sans écrire, sang, sans nausées, cent toi, sans savoir, sans numéro, sans visage, sans regard, sans nom, sang, sans Juliet, sang...

Le 19 mai

Les poètes se prostituent parfois dans les geôles aliénantes de verres vidés de force, les délires chimiques, ou les volutes de fumée aspirée avec des chimères qui illuminent le ciel au-dessus de nuages trop noirs

Extrait

"Appelle la, Joshua, lorsque apaisé, tu dormiras enfin, elle t'entendra et viendra te donner un sourire et un ultime rêve..."

Vies dissonantes

ce qui précède n'a aucune importance

Tableaux

Déparenthèse.

Publié le 07/09/2012 à 21:16 par giovannipace Tags : nuit vie moi monde homme enfants belle femme chien bleu chat
Déparenthèse.

 

 

 

 

… Un autre trajet, dans la rue cette fois…

 

Le 7 septembre (324)

 

Ce qui suit importe peu...

Extérieur.

Je pense à toi Juliet, je suis resté peu de temps à proximité de l’eau, lassé et meurtri par les étincelles des souvenirs qui allumaient quelques secondes des figures glacées, mal à l’aise dans l’obscurité des berges inquiétantes et insoutenables de murmures, la vieille femme à la fenêtre de la seule maison encore salubre de l’endroit doit être soulagée de mon départ, je frôle les remparts, le passage se resserre, je compte mes pas et les coups du temps qui passe à la cloche de l’église, je ne rentre pas, pas maintenant, la pluie en embuscade, je marche derrière la nuit sans bruit, sans la bousculer, un terrain trop vague, hostile et cerné par le mensonge, j’émerge de la ruelle, je rentre dans la lumière de l’avenue ; je regarde l’homme étalé comme la lame usée d’un couteau sur l’herbe humide d’un square qui agrémente l’arrêt des bus, un corps oublié là sous l’éclat blanc d’un réverbère, grâce à notre indifférence et l’unité de nos comportements, je ne distingue pas les traits de son visage abandonné au passé, tout en longueur et maigre, il ne pèse rien dans ce monde déséquilibré, la terre l’assimile lentement, il lui reste un chien de sa vie, sa vie qu’il finit pas de vomir, non loin sur le trottoir sous le toit de l’abri bus aux vitres éclatées, se terre un autre homme, debout lui, vouté sans regarder le sol, la tête serrée, appuyée sur un cou démesuré, il a une gueule toute fripée de vieux rat, il ne cligne pas des paupières, les pupilles de ses yeux gris et ternes se dilatent comme ceux d’un chat jeté dans le noir, il se tient les bras en avant, légèrement pliés, les poignets en croix, les doigts crispés, une raideur cadavérique qui donne aux mains l’aspect d’un coït fatal de deux araignées amputées, d’un pas de côté aussi brusque que ridicule, il s’approche de la poubelle déformée par les détritus et la retourne, il fouille les déchets ainsi renversés, puis l’air satisfait , il reprend exactement sa place, qu’attend-t-il ? Alors que le dernier car est rentré depuis longtemps au dépôt et que les trams ont cessé de trembler la terre, un passant arrêté par la scène un instant reprend sa route, sans réaction, je lui emboite le pas de loin, il se dirige vers le pont, après celui-ci, je bifurque vers la droite, je contourne le quartier toujours vivant et pénètre dans celui des putes, les lumières tamisées des vitrines lourdes de couleurs criardes créent une atmosphère embuée et glauque, les égouts refoulent la misère humaine de corps vendus et d’âmes pendues par le sexe ; je regarde une prostituée, au milieu de caricatures, appuyée contre l’ouverture de la porte d’un bar, elle parle à un homme à peine sorti de l’adolescence, à peine né, je n’entends pas ce qu’il se disent mais cela ressemble terriblement à une conversation banale, elle, mince, de taille moyenne, cheveux courts blonds, un visage léger, des yeux piquants à la couleur indéfinissable, plutôt jolie, jeune et non encore défigurée, presque belle à tel point qu’elle n’a nul besoin d’un déguisement provocateur, elle porte une robe ample, noire qui donne de la lumière à son visage, les bras derrière le dos, les mains croisées à l’instar des enfants, elle est chaussée de bottillons verts et plats qui montent jusqu’à la naissance de ses mollets gracieux,  j’aimerai lui dire tant de choses et surtout l’écouter ; lui, il n’évoque rien pour moi, même pas du mépris, juste une tache immonde, une fissure d’âme, une ordure de plus.

Je sors du quartier, un peu désabusé, écœuré, j’attends la prochaine crise qui ne tardera pas à s’agripper à mon corps, je prends un taxi pour le centre, de là je rejoins les quais du fleuve que j’allume de bleu, je sens déjà la douleur entamer ma peau, je frissonne, la pluie retenue, coule à nouveau, je tends les mains afin de recueillir un peu de sctintillement d’étoiles, je pense à toi, Juliet.

Ce qui précède n’a aucune importance…

 

 

 

 

Parenthèse (portraits).

Publié le 06/09/2012 à 21:41 par giovannipace Tags : tendresse vie moi homme fond femme fille nuit mort livre voiture sport
Parenthèse (portraits).

 

 

 

 

… Un court trajet entre quelques vies enfermées…

 

Le 6 septembre (323)

 

… Ce qui suit n’a aucune importance.

C’est dans le plus noir des désespoir que l’on trouve la plus extraordinaire envie de vivre, d’aimer et de donner encore, je pense à toi Juliet.

Huis clos.

Décombres de vies, je regarde les passagers assis dans le tram qui nous écarte du centre-ville, la vieille femme à peine posée face à moi, vêtue de noir, son corps desséché et réduit, son visage saturé et momifié par le temps, elle se signe dans un geste rapide, les doigts de la main droite sur le front, puis au milieu de la poitrine, ensuite contre l’épaule droite et contre l’épaule gauche, ainsi soit-il, ses lèvres tremblent quelques mots d’une prière, ainsi soit-elle ; et l’autre qui vient de monter et reste debout, encore plus vieille, grande à n’en plus s’arrêter, tordue de maigreur, la longueur excessive de ses ongles, ses doigts fins comme des aiguilles, le geste lent, surtout ne pas aller trop vite, le port altier dans ses cheveux teints de rouge, les yeux bleus de la mort à qui elle ressemble ; il y a au fond de la voiture un adolescent, enfoncé dans la banquette, une masse sans cou aussi large que haut, inséré dans un survêtement teinte blanc tache et coincé dans des chaussures de sport vertes aux lacets lâchés, le regard avarié, il mâchonne, non il rumine déjà, la gueule ouverte, une gomme verte au goût d’ennui acide ; je regarde une femme, elle est dos, un peu cachée, je ne vois que ses cheveux longs, bruns et sa silhouette fine, j’imagine le pire en souriant intérieurement, le front trop large, décalé du reste de la figure, les yeux sans couleur globuleux, exorbités d’un poisson hors de l’eau prêt à exploser, deux nez, le bout de l'un boudeur déplacé vers la droite, des joues flasques, un menton pointu, un cou serré, étranglé, une bouche absente, sans lèvre, les vêtements d’une vie qui hésite entre deux âges, j’arrête ce n’est pas drôle ; je regarde l’homme assis contre la paroi de la cabine du conducteur, rien ne transparait, je ne saurais même pas trouver les mots pour le décrire ne serait-ce que vaguement, par contre j’essaye de lire, le titre du volumineux bouquin qu’il tient à la main, mais ma vue baisse, je n’y parviens pas, peut-être plus tard si je descends avant lui, une halte, un gamin entre, surgit serait plus approprié, suivit d’une jeune fille, le jeune homme semble plus frais celui-là, correctement et proprement vêtu lui, mieux proportionné de toute façon mais de petite taille, il marche comme à l’affut cela se sent dans ses gestes hésitants, il jette des coups de ses petits yeux de souriceau autour de lui puis rassuré prend place derrière moi, j’entends sa respiration pressée ; deux sonneries d’un portable entre deux demandes d’arrêt, trois autres et une voix basses de femme ; la jeune fille est transparente, elle pourrait être la progéniture de l’homme qui a existé pour moi le temps du titre d’un livre, arrêt suivant, la femme de dos se lève, elle se dirige vers moi pour descendre, je mélange les mots, j’aimerai tant lui caresser le visage au travers de ses cheveux si fin, sa peau blanche, garder la profondeur et la pudeur de ses yeux verts dans mon regard, la prendre et la serrer avec tendresse dans mes bras et ensuite l’oublier, je descends à mon tour, « L' inconscient de la folie » le titre du livre.

Je tombe près du parc la nuit intervient maintenant avec insistance, je marche dans le flou les trottoirs secs et encore fréquentés de l’avenue qui mène au pont du canal, la cloche de l’église sonne, je ne compte pas les coups, je passe par la ruelle pour rejoindre les berges, je n’ai pas l’intention de rejoindre l’appartement pas tout de suite, je pense à toi Juliet. décombre d'une vie.

Ce qui précède importe peu...

 

 

 

 

Une autre ville

Publié le 10/04/2012 à 22:47 par giovannipace Tags : nuit bleu voiture
Une autre ville

 

 

 

 

 

… Joshua vit un moment de répit et continue un rêve toujours inachevé…

 

Le 10 avril (176)

 

… Rarement, pendant quelques minutes, je tombe dans un sommeil profond et muet, ainsi je peux continuer, sans le choisir vraiment, un rêve interrompu par les insomnies et la douleur qui me nouent l’estomac.

Je suis dans une autre ville, une ville sans fleuve, loin de toutes eaux, loin de l’océan où même la pluie ne s’y hasarde que peu, une cité qui parle une autre langue, où les maisons moins serrées et les immeubles loin du ciel laissent respirer des trottoirs propres et plus lents.

Le centre dans ses rues piétonnes, étroites, alterne les endroits de bouche, les boutiques de luxe et des magasins indéterminés, je sens non loin, sans la voir, la masse imposante et silencieuse de la cathédrale posée non loin d’un parc à l’herbe jaune où quelques promeneurs assis sur un banc trouvent un peu d’ombres sous quelques feuilles à l’agonie ou allongés à même le sol, je ne t’aperçois qu’en esquisses dans le reflet des vitrines ou sous la lumière pâle des réverbères déjà allumés, je cherche des traces de toi dans ces endroits inconnus pour y mettre mes pas, je respire mal.

Je termine le jour assis dans un café encore vide, deux haut-parleurs crachent du jazz en sourdine, je vide la petite tasse de café trop noir et sucré, dans la rue partagée par deux clowns tristes, qui distribuent des friandises sorties de leurs immenses poches, très vite pour en avoir fini au plutôt et changer de masque. Je respire mal et cette impression immobilité dans tout ce mouvement m’agonise un peu plus encore.

J’erre ces lieux nouveaux qui impressionnent par ton absence mon esprit et mon regard, alors j’imprime sur ce rêve des phrases indélébiles composés de mots attrapés au détour de souvenirs.

Je commence la nuit en écoutant les bruits de la ville changés, en regardant les passants me disparaitre lentement, en écoutant sans comprendre ces voix qui parlent bas, débute ma nuit avec ce songe encore inachevé et un sac à dos crevé de peurs et d’insomnies.

Dans une ruelle perdue et illuminée de bleu je dessine un trottoir sur lequel nos pas se confondent.

La pluie et le vent frappe les vitres des fenêtres de l’appartement, les abords et les allées du parc privé de lumière inventent des fantômes, seul l’éclairage intérieur d’une voiture stationnée sur le parking allume faiblement l’obscurité. J’ai froid dans ces rues où je vais le trajet, déjà accompagné d’eau vers les quais que je sais bleus…

 

 

 

Vide de temps

Publié le 21/01/2012 à 21:41 par giovannipace Tags : nuit vie
Vide de temps

 

 

.…joshua au détour de lui-même…

 

Le 21 janvier (101)

 

…Je vais partir par la tête, mon corps ne me porte plus dans ces rues qui m’effacent, les rencontres se font agressions, les regards vides croiser absorbent ce qu’il me reste d’âme, je pense ailleurs loin, trop loin désormais pour être vu et entendu, les voitures silencieuses glissent sur l’asphalte et ralentissent les heures de jours comme de nuit, les couleurs des trottoirs palissent un peu plus cette ambiance ouatée de non-dits et d’hypothétiques vies déjà finissantes, déjà autres, les nuages noirs accrochés depuis toujours au ciel crachent une eau froide et lourde, le vent tourbillonne les gouttes, je marche seul dans cette ville à la recherche  d’un endroit à retrouver, d’un lieu où renaître. Un bâtiment sombre sort des tourments de mon cerveau, érigé souffrances après souffrances, mots surajoutés  dans des phrases assassines, longue déconstruction d’une vie,  j’ai peur, au croisement de deux routes, il dresse ses murs  presque aveugles, immense, tordu par les cris et les larmes des êtres plus humains qui y sont cloîtrer, quelque chose me pousse vers une large porte vitrée , encore ces crampes d’angoisse qui me mangent les entrailles, il est trop tôt, pas maintenant, une forme indéfinie, rassurante m’accompagne, elle me prend la main un instant puis s’évanouit entrainant avec elle un peu de mémoire. Les maisons  changent parfois d’apparence, des départs pour des arrivées,  des disparations pour de nouvelles existences, des rires, des larmes, des corps enlacés, tout recommence toujours de toute manière et nous courrons tous vers un même point déjà écrit, emplis de doutes et de peurs. La pluie continue ma chute, j’ai froid dans ces vitrines devenues vaines de sens, à quoi bon, je vais partir par la tête maintenant vide de temps présent et avenir, ne plus parler pour ne plus te dire, pour laisser mon sang circuler mon corps sans contraintes, pour encore sentir battre mon cœur, je t’attends…

 

 

 

Le temps pressé

Publié le 14/01/2012 à 18:00 par giovannipace Tags : monde vie nuit mer
Le temps pressé

 

 

 

…La ville l’absorbe, bientôt complètement intégré…

 

Le 14 janvier (96)

 

…A nouveau la rue honnie m’absorbe, encore un stigmate de mes rêves éteints, le bruit me réduit, le soleil perdu aujourd’hui évite soigneusement les fenêtres qui retiennent sans air le froid intérieur, une stagnation de temps, une fixation des douleurs. Je regarde la vie étirer la semaine, les feux de signalisation fonctionnent de façon étrange, le rouge clignotant en permanence hoquète les voitures, freinages inutiles, hésitations imbéciles, avertisseurs sonores aboyant, les piétons les traversent sourds à tout, les immeubles tordent en rond, en rien et vieillissent des existences déjà  usées, spirale impitoyable, désert d’âmes éclairé par la lumière artificielle de l’espoir distillé déjà par nos remplaçants, des feuilles sur un arbre qui tombent et nous finissons dans la terre gisants sur des gisants, vivant, tournant ensemble, la tête déjà en bas, autour d’un cimetière, plus loin sur la chaussée une ambulance à l’arrêt bleuit les façades, le ciel vire au noir déjà las de l’azur, la nuit m’attend, quelque part le soleil volé par non univers rayonne et sourit mon visage, je suis si loin perdu dans ce monde qui hurle plus qu’il ne dit, qui exécute plus qu’il ne pense, la nuit m’intègre, je peux encore voir les traces des visages dans l’air, certains lumineux et d’autres presque éteints, il me tarde de marcher mes trottoirs afin que jamais ils ne me disparaîssent , le temps m’accompagne et retarde la fin, juste pour voir encore revenir la mer, je vais vers son port, les quartiers où tout s’oublie, où rien n’est plus possible et tout se crée dans l’instant, l’éclairage doux et apaisants des vitrines m’invitent à croiser d’autres regards pour regarder encore un peu, j’ai l’impression de me décroiser cent fois, figure déchirée, corps invisible, le temps me presse, mon pas s’accélère, je cours maintenant, les secondes poussent à l’extrême les minutes, les heures dépassent la lumière, mes fenêtres éteintes, le vent envole mes songes…

 

 

 

 

Les couleurs de la neige

Publié le 17/12/2011 à 21:06 par giovannipace Tags : papier femme homme musique monde mer sourire neige cheval
Les couleurs de la neige

… il s’enferme dans son sommeil…

 

Le 17 décembre (80)

 

…Je quitte ma tête, elle se perd souvent et ensuite elle divague trop de mots  que je n’entends plus, peu de place dans ce vide délire mortifère, je quitte ma tête puisque mes pas impriment la neige à l’envers et que les nuages sont tous tombés en dessous du monde, je tue mon corps avant qu’il ne brule le cerveau, efface la mer de mes yeux et gomme les notes de toutes les portées. J’ai téléphoné à un rêve, indisponible, perdu lui-même dans un songe qui devient cauchemar, ensuite attente pour se transformer en un autre rêve, alors j’ai dessiné dans l’éther une passerelle suspendue à un temps parallèle pour voler sans tarder le rêve avant qu’il ne se réveille, je cours de peur que quelqu’un ne la tire, avant qu’il ne se métamorphose à nouveau, je reçois un courrier, un rendez en un lieu que j’ignore, le silence, je marche dans une rue sans trottoirs, des maisons blanches toutes semblables, des centaines de fenêtres aveugles, les toits perdus dans des nuages chargés de couleurs, je suis seul, une ruelle stoppe la chaussée vide, je ne me retournes pas, elle ouvre une place ronde de verre qui enferme des voix dans son cercle introspectif, le sol cristallin fige des milliers de regards prisonniers de leurs larmes, au centre précisément un manège de lumières qui démarre lentement comme arrêté, j’entends une musique que je n’identifie pas de suite descendue du ciel avec les flocons bleus, imperceptiblement de plus en plus vite il s’anime, une femme assise sur une chimère de papier, elle me regarde, je lui rends un sourire, de plus en plus vite les couleurs, mes mains tremblent, la neige saigne maintenant ma peau, elle disparaît un instant, un nain sur un âne pleure en chantonnant une berceuse, un vieillard, un chapeau buse sur la tête dévise avec le cheval de son carrosse, un clochard un sifflet au lèvres sur une bouteille, un jeune homme sans regard se tait, deux médecins en blouse blanche tiennent la caisse je la revois elle m’invite à rejoindre le plateau, une place disponible encore, la neige flotte émeraude, la musique hurle, le manège tourne de plus en plus vite, je n’ai pas de larmes, le froid glace mes émotions, le sifflet me déchire le cerveau, les pleurs laissent place à des cris stridents ; de plus en plus vite l’éblouissements des couleurs; la neige noircit ma peau maintenant, je tremble la nausée vomit ma peur, je ne vois que des trainées multicolores tournoyer de plus en plus vite, je cours mes pas ne dessinent plus la neige verte maintenant, je tente de trouver une issue, je cours je ne touche plus le verre glissant et infernal, je n’aperçois plus les centaines et les centaines d’yeux, la neige rosi ma peau, je m’envole, m’extraire de cette folie par l’air, le vacarme, je suis souffle, je ne suis plus fantôme. Une fenêtre a retenu le vent, elle ouvre la porte de mon cauchemar, il me reste la musique, de plus en plus vite les notes….

 

 

[J'ai des couleurs sous la peau]

Après les mots

Publié le 13/12/2011 à 20:07 par giovannipace Tags : poème femme vie moi travail monde mer sourire
Après les mots

 

 

…Une heure de sommeil tout au plus Joshua étouffe un rêve pour attendre…

 

Le 13 décembre (76)

 

…Je passe à coter de ma vie, maintenant décalé par l’absence, les fenêtres meurent un peu plus l’urgence, les murs m’étouffent pour m’enfermer vite avec ma folie dans une intimité dévorante. La pluie frappe les visages avec la violence de la saison, du moment, et l’eau du ciel noie l’encre des mots délits, des phrases délitées, une machine  alibi, métallique, pour broyer les os afin que rien ne subsiste hormis la poussière que le vent mangera, les nuages poussent le soleil vers ailleurs trop loin de mes mains. Au plus je démarche les rues au plus les portes changent de sens et les trottoirs détournent les regards, la pluie continue sa chute désordonnée par rafales froides des expirations du temps, j’attrape un bus pour ne pas être avaler, attendre que le silence se fatigue, deux stéréotypes cravatés occupent le verbe, je me perds dans les nécessités du vide, je nais dans ce monde trop grand, sur un siège noir sale, l’instant d’arrêts, une femme distrait les regards des gens qui montent pour descendre et qui dégringolent pour continuer la chute, les vitrines défient la vitesse, une longue trainée de lumière troublée par les passants pressés déjà d’en sortir, un carrefour encombre un trop long temps l’errance, quelque chose entre en moi, une insupportable sensation d’asphyxie m’aveugle, je suis devant des portes sans fin de bureaux, sans travail les vitres ont crevé des vies, et laisse passer vite les jours pour oublier, je cours un toboggan pour ne pas glisser, rester debout tout le temps, le cœur vivant, les marches d’un escalier marbre d’inconséquences, je descends pour respirer l’eau et inspirer les nuages pour que cela cesse enfin, la mer revient par les airs, je sens le sel me bruler la peau et son soleil entrer dans mes poumons, je marche pour voir le tapis de bitume ronger les voitures et l’éclairage des néons tuer les cerveaux, je marches pour ne plus courir vers le gouffre, jour après jour plus conséquent et essayer de trouver les âmes perdues au fonds des poubelles des ruelles plus desservies…

 

[Merde! je pleure Emilie et sa peine, frissons, envie de recevoir, de donner encore, de voir, d'entendre, de regarder et pleurer encore, de rire un sourire, de rire de bonheur, de toucher, de mourir pour entendre de loin le poème d'Emilie, je pleure son chagrin]

 

 

 

Illustration musicale : "Mon Chevalier" Emilie Simon

http://youtu.be/Wo5XSAdSqEg

Silent water

Publié le 26/11/2011 à 19:50 par giovannipace Tags : texte vie moi sourire douceur
Silent water

 

 

 

…Il s’enferme dans son délire...

 

 

Sentiments (59)

Le 26 novembre

 

…Je sens quelque chose se matérialiser autour de moi, je te sais,  j’essaye de disparaître, pour ne pas voir ce qui arrache le sol, j’ai tant de souffrances à jeter, trop de différences, les souvenirs m’abandonnent eux aussi maintenant, je reste là gardien et détenu de ma propre prison, la chambre trop exigüe précipite le temps, les jours renaissent de plus en plus rapidement, je n’ai pas de seconde à mourir, et concentre le froid du ciel dans mon corps, une douleur insupportable me vrille le cerveau. Mes yeux obscurcissent les fenêtres, jours et nuits s’entendent à durer ma peine. J’entends des voix, une litanie monocorde, je dois me dissoudre un instant dans cette pluie qui  pourtant n’emporte rien pour espérer t’oublier. Je ne suis pas encore conçu et déjà utilité dans cette matrice où bientôt je serais remplacé.

Je ne te pense plus, je te ressens

 

Nous sommes tous à la recherche de la clé d’une porte plus loin, toujours plus lourde de sens pour nos existences listées.

A l’extérieur, la douceur adoucit les traits qui passent sur les trottoirs déjà souillés par l’éclairage des rues devenues impossibles à mon équilibre, funambule sans corde en suspension dorénavant sur le vide partout, acrobate sur cette terre meuble à ce que je suis, équilibriste entre le passé qui se vide et le présent  qui attend le futur. En retrait de qui je suis vraiment. J’ai froid d’envies souterraines, un escalier attrape mes pas qui accélèrent les marche. Les corps dans les couloirs sous terre ne rampent pas, les visages respirent un peu l’air fabriqué avant de retourner joncher le sol comme convenu. J’entre dans une rame presque vide, à cette heure, la lumière blanche me transporte un long moment près des parois creusées, je regarde une personne assise, la tête posée contre la vitre froide et noire encore, déjà dehors, jamais cernée, elle à un regard accroché à des souvenirs et un cœur qui bat seul pour surexister.

 

Je le pense, plus que je ne le ressens.

Mon sang circule dans ses veines et je sais son âme. Elle a ôté ses chaussures ses bas noirs sur le sol. Un besoin irrésistible de sourire ses yeux.

Le métro émerge par instant, parfois quand  il rencontre le fleuve, la porte s’ouvre, elle évanouit l’émotion avec la station qui s’éloigne.

 

La rumeur des vagues contraste les montagnes environnantes, Au bord d’une falaise, je regarde le vide derrière moi, le choc de l’eau tout en bas écume les rêves des fous, écoute ! Des voix s’y perdent pressées de finir quelque part. je t’entends me parler doucement, lentement, je ne peux comprendre ton propos, l’incohérence d’un cauchemar ou le chaos de mon esprit. Je continue à t’aimer et je ne connais pas les répliques de la suite du texte...

 

 

 

 

J'ai ta vie en sommeil

 

 

 

Illustration musicale : "Carpet crawlers" Genesis


Everywhere.

Publié le 06/11/2011 à 22:27 par giovannipace Tags : couple annonce photo nuit femmes moi tube
Everywhere.

 

 

 

Il sort, les  lumières de la ville, invitent la nuit à dissimuler, ses tares…



Retour (38)

Le 6 novembre

... Espérer à l'envers du temps, déchirer l’espace de plus en plus restreint qui étouffe l’essentiel. Je ne dois plus penser, retrouver la spontanéité bannie des cerveaux.

Les rames du métro s’exaspèrent de ces corps en mouvement statiques avec leur âme en attente constante d’arrivée. Le tube à intervalles réguliers troue la ville usant de constance derrière lui l’acier éclaboussé par l’éclairage des stations grises des passagers qui descendent vers un sursis éculé. La pluie redouble maintenant d’insolence, les avaloirs canalisent avec nonchalance le lest des nuages et les conséquences de l’incontinence de nos poches de plus en plus percées par les images et notre fonctionnement matérialiste et loyal. Encore une descente vers le ventre obèse des galeries communicatrices avant d’atteindre le haut de la fourmilière.

Inquiétude.

 

Le plus pénible en fait c’est de pouvoir dissimuler cette charge d’émotions et de la folie née de la retenue, qui serait apte à absorber, à pouvoir, partager le devenu inhabituel ?

 

Je descends sans conviction du radeau de survie commun, ici, en souterrain, à l’extérieur,  la direction à prendre traîne dans mes pas hésitants, il tombe maintenant avec la pluie le froid en aiguilles fines de l’hiver qui annonce son heure. La difformité de la métropole présente par son architecture basse, ancienne également et le tracé de ses petites routes une autre complexité à appréhender à délirer, les rues ne peuvent se soustraire à mes intentions et pour cause.

Tu es partout.

La foule des passants est devenue ici passive,  tranquille presque amicale. Cà et là des visages connus interrogent mon attention en vain. Inutile. Ils semblent  m’interpeller dans une voix lourde :

 

-Qui es-tu à hurler ainsi ce qui n’a plus cours ? Qui penses-tu ramener à la décence à croire que les tourments se soignent par là même d’où ils sont issus ? Qui es-tu toi qui avance droit et fier, les poings serrés ?

-Moi je suis Joshua, je suis vivant, je cherche l’essentiel, il existe puisque je l’ai perdu, je suis Joshua et j’aime.

 

Un mal de tête me visse sur place, un temps.

Indécis.

Je suis dans une rue pavée amie, sans dessein, un couple de femmes à l’allure inquiète, la douleur intense m’empêche de nettement les distinguer. Assis à une table complice d’un café quasi vide à ce moment de la nuit, je vide la bouteille d’alcool sans saveur, pour rien, le verre est docile et se donne par habitude, la boisson m’angoisse et me glace comme tes yeux dans le regard noir de l’inconnue installée face à moi. Une cigarette éteinte entre des doigts blancs et longs, elle ne fume pas, son teint lilial fascine, son  visage presque  maigre dessine une beauté effrayante. Je la dévisage longuement, les mots sont inutiles. Une heure passe en regard. Elle n’attend rien, elle me regarde tituber la sortie un instant puis disparaît dans le sang de mes veines.

A l’extérieur la sensation de froid est plus douloureuse, décoeuré par les degrés ingurgités, je cherche la fuite dans les ruelles maîtresses, tu es partout. Des draps inconnus me réveillent, la nuit a pris un taxi, le premier métro m’attend pressé de commencer.

Dans le squat tentaculaire qu’est devenue la cité, le roi clochard lucide m’apostrophe par convenance :

-Joshua qui es-tu toi qui invente les âmes ? Qui es-tu, toi qui crée les mondes ? Qui es-tu pour aspirer à la plénitude ? Qui cherches-tu ?

Sans attendre de réponse il rentre dans son chapeau qui s’envole au vent. Déçu d’attendre une question.

Tu es partout.

Désespérer avec le temps qui reprend la course des heures. Je recouds l’espace à peine entamée par le peu sens glané.

Tues par tout.


 



J'ai dans la pupille de ton oeil la

couleur de mon regard

 

 

 

 

 

 

Illustration musicale : "Mezzanine" massive Attack

http://youtu.be/bQqV9POVEQ4